3) La Foa et ses environs

LA CULTURE KANAK (suite)

Ecrit le 6 décembre 2014

Lors de notre séjour à la Foa, nous nous sommes rendus dans la tribu du Petit Couli. Le grand chef, de son prénom Berger, nous a accueillis pour nous présenter son histoire et les traditions kanaks.

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Il nous a expliqué que dans les années 1870, l’administration coloniale offrait des terres indigènes et des têtes de bétail aux anciens bagnards pour qu’ils puissent s’établir et prospérer, donc au détriment de la population indigène, qui était contrainte de quitter les terres de leurs ancêtres pour des réserves situées à flanc de montagne, donc plus difficiles à cultiver.

C’est ainsi qu’en 1878, la tribu de ce grand chef a vu arriver de nouveaux voisins. Tout allait bien au début mais par la suite, ces voisins ont laissé paître leurs bétails sur les terres des indigènes, écrasant leurs cultures. Le grand-père de Berger, chef de ce royaume, après un conseil avec sa tribu, a décidé d’aller discuter avec l’administration coloniale pour leur présenter les faits et trouver une solution ensemble, alors que la sécheresse sévissait. L’administration, par deux fois, lui a promis de prendre les choses en main. Après plusieurs mois d’attente, ne voyant rien arriver et voyant leurs cultures complètement détruites, le grand-oncle de Berger a décidé de repousser ce bétail et de tenter d’expulser leurs voisins. Mais cet épisode a été le prétexte pour l’administration pour anéantir, avec l’aide de kanaks rivaux, toutes les tribus de cette région et de récupérer toutes leurs terres. Cette histoire a été longuement occultée, exposant uniquement la férocité des indigènes. Une très récente émission de France Inter (que nous avons écoutée sur place) présentait un livre sur le sujet, Le retour d’Ataï, écrit par Didier Daeninckx.

Depuis 1981, et la présidence de François Mitterrand, Berger a établi avec l’aide d’anciens, le plan de toutes les parcelles qu’ils ont perdus pour obtenir réparation. Cette année, il a rencontré les conseillers de François Hollande à ce propos.

A la suite de cet épisode historique tragique, Berger nous a présenté les us et coutumes kanaks. Le principe général est le partage entre les membres de la tribu. A chacun des membres est allouée une tâche à accomplir pour la communauté : la pêche, la chasse, le nettoyage, etc. Ceci pour établir un climat général sain au sein de la tribu et que personne ne soit laissé pour compte. Les plus forts aident donc les plus faibles.

En cas de conflit, le rôle du chef est de les régler en réunissant devant la grande case toute la tribu, les chefs de clan et les deux protagonistes près du bâton penché, qui symbolise l’humilité.

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Quand tous les chefs de clan et les deux protagonistes sont présents, ils entrent dans la case pour une discussion afin de trouver une solution idéale pour tous. Tout ici est symbole : la porte de la case est volontairement basse pour que la personne se penche en entrant dans la case, en signe d’humilité. Deux fourches sortent du toit, de chaque côté de la porte et sont rattachées au mat central de la case, pour montrer que lors de conflits, les deux protagonistes entrent dans la case avec deux positions différentes, mais ressortent avec l’aide du chef (le mat central) avec le même avis. Un feu sera allumé dans la case pour représenter la lumière qui aidera à trouver un arrangement. Ce sera le guide.

Par ailleurs, la case est entourée d’écorces de cocotiers, symbole de la femme/mère (le pain colonnaire est le symbole de l’homme/père), car la mère doit protéger ses enfants et donc protéger les personnes à l’intérieur de la case.

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Valéry

 

LE PARC DES GRANDES FOUGÈRES

Ecrit le 10 décembre 2014

Nous avons visité un parc très intéressant par la présence de ses fougères arborescentes et par son ambiance tropicale : une forêt dense, humide (il bruinait) avec des essences florissantes, parfois imbriquées et des formes étranges.

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Sans oublier le chant mélodieux des oiseaux tropicaux.

Nous avons eu aussi la chance de voir de près le si rare cagou, à deux reprises, cet animal si craintif qu’il ne se déplace qu’en marchant.

Stéphanie

 

BOURAIL

Ecrit le 10 décembre 2014

Au Nord-ouest de la Foa, la ville de Bourail est caractérisée par ses élevages de bétail, cochons, cerfs, volailles, chèvres, abeilles. Là-bas, plus de stockmans (cowboys) pour surveiller les animaux. Malheureusement, c’est souvent le quad qui a remplacé les chevaux.

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Mais Bourail est aussi connu pour son littoral, protégé par le lagon. Nous avons excursionné aux alentours de la Roche Percée, qui tient à sa pointe le bonhomme de Bourail, un rocher à la forme tourmentée, frappé par les courants.

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Adjacente à ce rocher se tient la baie des tortues, où pondent encore quelques tortues à grosse tête. Il faisait si chaud ce jour-là que nous avons senti le besoin de nous rafraichir dans les eaux turquoises de cette baie.

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Plus à l’ouest, nous avons fait une promenade idyllique en fin de journée sur la longue plage de Poé qui étire son long ruban de sable blond sur 17km. Une bonne aubaine pour ramasser des coquillages.

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Un échassier est passé par là?

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Stéphanie

 

LA MANGROVE

Ecrit le 14 décembre 2014

Ce paysage que nous avons découvert aux Galapagos se retrouve également en Nouvelle Calédonie.

Sur la presqu’île d’Ouano, au sud-est de La Foa, nous sommes allés l’observer là où elle est classée patrimoine mondiale de l’UNESCO.

 

DSC03975C’est un milieu particulier que l’on ne trouve que dans la ceinture intertropicale, sur les côtes et dans les zones d’estuaires, là où la mer rencontre l’intérieur des terres.

Pour les espèces vivant dans la mangrove, les conditions sont très rudes : le flux et le reflux des eaux, le soleil accablant sur ces eaux qui cause une évaporation importante et des conditions de salinité variable, le manque d’oxygène…. Plus on s’éloigne de l’estuaire vers les terres et plus on rencontre une salinité importante : il n’y a plus guère que les salicornes qui peuvent y vivre !

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Sinon, on trouve généralement, plus en amont, des palétuviers avec leurs racines-échasses qui captent, comme elles le peuvent, l’oxygène de l’air.

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Souvent malfamées et menacées par les activités humaines, les mangroves ont pourtant un grand rôle écologique à jouer : elles forment un filtre mécanique, chimique et biologique pour les polluants, elles captent le CO2 et surtout elles sont un garde-manger intéressant pour certaines espèces.

On y trouve en particulier des crabes de palétuviers mais aussi des crabes violonistes. Enfin, il faut bien les chercher car ces espèces se dissimulent vite dans leurs abris !

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Nous avons aussi observé des périophtalmes, drôles d’animaux qui sautent littéralement sur l’eau !

Autre espèce curieuse : le cérithe, un mollusque très discret.

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Stéphanie et Valéry

 

LE GRAND EST

Ecrit le 15 décembre 2014

Voici une zone reculée et authentique de Nouvelle Calédonie. La route est sinueuse pour rallier Boulouparis ( d’où venait Miss Nouvelle Calédonie, encouragée par toute l’île au concours Miss France) à Thio-village, sur la côte est. On débouche alors sur une végétation luxuriante, bien arrosée, propice à la culture des mangues, des agrumes et des litchis.

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Ce secteur, comme le sud de l’île, est riche en nickel (25 % des ressources mondiales), ce métal originaire du centre de la Terre et qui affleure ici, avec une grande pureté, par le jeu de montée/descente des plaques tectoniques, au cours des ères géologiques passées. On retrouve ainsi, dans le paysage néo-calédonien, de grandes carrières à ciel ouvert qui emploient une grande masse de salariés.

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Authenticité également à travers une fête de village que nous avons découvert, à Thio-mission.

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Tout le monde était rassemblé à manger des brochettes nimbées d’une sauce sucrée et à regarder un match de cricket féminin, en tenue traditionnelle. Eh oui! On sent la proximité de la Nouvelle Zélande et de l’Australie.

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Authenticité enfin par le réseau routier qui relie deux villes de la côte est, Thio et Canala. C’est une route à horaires, c’est à dire que selon l’heure, le sens de circulation n’est pas le même : les heures impaires dans le sens Thio-Canala, les heures paires dans l’autre sens. La route ne permet pas, en effet, le croisement de voitures, elle est trop étroite par endroits !

 

 

 

 

 

 

 

Stéphanie et Valéry

2 thoughts on “3) La Foa et ses environs

  1. Un petit bonjour de la métropole où vos photos font bien rêver.
    Je vous souhaite de bonnes fêtes de Noël à l’autre bout du monde ainsi qu’une très bonne année 2015…que vous franchirez avant nous.
    Bises à vous 4.
    Valérie

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